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Pensées et mots d'esprit
Lichtenberg (1742-1799), Pensées
•Tout homme a un
postérieur moral qu’il lui est pénible de montrer et qu’il cache, aussi
longtemps que faire se peut, avec la culotte des bonnes manières.
• De tous les animaux du monde, l’homme est
le plus près du singe.
• Ah! Les nonnes n’ont point seulement fait
un strict vœu de chasteté, elles ont aussi de forts barreaux à leurs
fenêtres.
•Les Indiens appellent l’Être suprême
``Panadad`` ou ``l’Immobile``, puisqu’ils aiment eux-mêmes ne rien
faire.
• Ce que l’on doit faire pour apprendre à
écrire comme Shakespeare est bien en deçà de ce qu’il faut pour le lire.
• Une noble française dit un jour à Monsieur
de Fontenelle : ``-Mais, Monsieur, n’avez-vous pas envie de vous
marier?- Oui, dit-il, quelquefois, le matin.``
• Rien ne concourt davantage à la paix de
l’âme que de n’avoir point d’opinion.
• Nous n’avons nulle parole pour parler de
sagesse à l’abruti. Sage est celui qui, déjà, comprend le sage.
• Les Grecs possédaient une connaissance de
l’homme qu’il nous semble difficile d’atteindre sans passer par la
longue hibernation d’une barbarie nouvelle.
• L’éclair de la conviction qui partout
mettait le feu.
• Une préface peut être appelée paratonnerre.
• Monsieur de Camper racontait qu’un
missionnaire peignit l’enfer de si ardente façon à une communauté de
Groenlandais, et tant parla de sa chaleur, que ceux-ci commencèrent
d’éprouver le désir d’y aller.
• Le livre au monde qui le premier mériterait
d’être interdit serait le catalogue des livres interdits.
• L’Américain qui découvrit le premier
Christophe Colomb fit une méchante découverte.
• Celui qui est amoureux de soi a au moins
l’avantage de ne point avoir trop de rivaux.
• En matière de prophétie, l’interprète est
souvent un homme plus important que le prophète.
• Celui qui a moins que ce qu’il désire doit
savoir qu’il a plus que ce qu’il vaut.
• Je l’ai dessiné de manière qu’il puisse
aisément retrouver son corps au Jugement dernier.
• En ce monde, on vit mieux en disant la
bonne aventure qu’en disant la vérité.
• Le mois de janvier est le mois où l’on
offre ses meilleurs vœux à ses amis. Les autres mois sont ceux où ils ne
se réaliseront pas.
• Aujourd’hui, on cherche partout à répandre
le savoir; qui sait si dans quelques siècles il n’y aura pas des
universités pour rétablir l’ancienne ignorance?
• Dans les Essais historiques sur les
principaux ridicules des différentes nations, on lit qu’en Italie se
trouvent des choses sacrées et des reliques en tous lieux. Les trésors
des églises en regorgent. Les plus étranges de ces reliques sont deux
ampoules, dont l’une contient un rayon de l’étoile qui conduisit les
trois Rois mages et l’autre, le son des cloches de Jérusalem.
• On a dit à un homme que l’âme était un
point, ce à quoi il a répondu:«Pourquoi pas un point-virgule, ainsi elle
aurait une queue.»
• Les moines de Lodève, en Gascogne,
sanctifièrent une souris qui avait mangé une hostie consacrée.
• On dit «âme» comme on dit encore «écu»,
bien que cette monnaie ne soit plus frappée depuis belle heurette.
• C’est l’erreur commune des gens au talent
modique et de ceux qui possèdent plus d’érudition que d’entendement que
de trouver des explications ingénieuses au lieu d’explications
naturelles.
• Ici reposent les patates dans l’attente de
leur résurrection.
• À la liste annuelle des défunts, on
pourrait ajouter la rubrique suivante: 33 sont allés au ciel; aux enfers
777; indécis 883. Avec de tels bulletins, les théologiens pourraient
faire de l’argent.
• Je puis m’imaginer une époque où nos idées
religieuses paraîtront tout aussi singulières que l’est pour nous
l’esprit chevaleresque.
• Il était amoureux du bon Dieu.
• La mort d’un homme de talent m’attriste
toujours, puisque le monde en a plus besoin que le ciel.
• Le père: Vous êtes des cannibales, vous,
Néo-Zélandais.
Les Néo-Zélandais: Et vous des mangeurs de
Dieu, vous, prêtres.
• En vérité, ce qui rend le Ciel si agréable
aux pauvres est la pensée qu’il y règne une plus grande égalité entre
les classes.
• Les prétendus mathématiciens de profession
ont acquis aux dépens de l’incapacité du reste des hommes une réputation
de profondeur qui est bien semblable à celle de sainteté attribuée aux
théologiens.
• Ne serait-ce point là une bonne chose, au
tournant de l’an 1800, de considérer la théologie comme étant complétée
et d’interdire aux théologiens de faire de futures découvertes?
• Un banc d’église au bois dormant.
• Croyez-vous que le bon Dieu soit
catholique?
• De toutes les inventions de l’homme, je
doute qu’aucune n’ait été aussi facile que celle du ciel.
• Discours d’un suicidé composé peu avant
l’acte
(...) Reprends, ô Nature, la matière qui me
compose, replonge-la dans la masse de l’Être, fais-en un arbuste, une
nuée, ce qui te plaît, fût-ce un homme, mais non plus moi-même. Merci à
toi, Philosophie, nulle pieuse bouffonnerie n’entrave désormais le cours
de mes pensées. Il suffit. Je crois ne rien craindre, bien, levons alors
ce voile!
Alfred Capus (1858-1923), Les pensées
• Il est aussi difficile de savoir ce que
pensent les paysans que ce que pensent les animaux.
• Dans certains dîners, si je n’étais pas là, comme je m’ennuierais!
• L’homme aimable est celui qui écoute en souriant les choses qu’il
sait, dites par quelqu’un qui les ignore.
• C’est un homme insupportable. Il est bourré de préjugés, et il en
change tout le temps.
• Conduis-toi avec les autres, non d’après l’opinion que tu as des
autres, mais d’après l’opinion que tu as de toi.
• Il ne suffit pas de dire : ``Un tel est arrivé``.
Il faut encore savoir dans quel état.
• On est volé à la Bourse comme on est tué à la guerre, par des gens
qu’on ne voit pas.
• Une escroquerie, c’est une bonne affaire qui a rencontré une mauvaise
loi.
• On n’a pas le droit de blasphémer quand on ne croit à rien.
• Toujours la même erreur de raisonnement :
Considérer qu’on a raison quand on n’est de l’avis de personne.
• Je considère le suicide comme une lâcheté : c’est un duel avec un
adversaire désarmé.
• Les vagabonds qui, il y a une dizaine d’années, étaient presque tous
illettrés, savent maintenant pour la plupart lire, écrire et compter.
Quelques-uns semblent même avoir reçu une instruction supérieure.
C’est un grand progrès.
• On a si peu l’habitude du vrai que la moindre vérité, même la plus
placidement émise, prend tout de suite un air d’insolence.
• En France, il n’y a qu’une chose que les honnêtes gens redoutent plus
que les bandits : c’est la justice!
• Il existe une certaine réserve qui n’est pas de la modestie mais de la
paresse à se faire valoir.
• On aimerait savoir si c’est la littérature qui corrompt les mœurs ou
les mœurs, au contraire, qui corrompent la littérature?
• Comme un médiocre écrivain lui présentait un nouveau roman qu’il
venait de faire paraître :
- Cher ami, voici mon dernier roman.
- Le dernier? fit Capus. Ah! parfait, parfait!
•
Une vieille dame, bigote en diable, l’interroge un jour d’une manière
insidieuse :
- Observez-vous rigoureusement les prescriptions de l’Église;
jeûnez-vous le Vendredi saint?
Et Capus, sans broncher, de répondre :
- Je fais mieux, Madame, je me purge.
• - Le premier soir, la pièce a été acclamée, mais à la seconde
représentation…
- J’y étais à la seconde, j’y étais…
- Ah! C’était vous?
Jules Renard dit un jour à Capus :
- Je viens de porter un manuscrit à l’Odéon; c’est étonnant ce que le
directeur Desbeaux vous ressemble!
- Et pourtant, répliqua Capus, et pourtant, je ne l’ai jamais vu!
Le hasard, dans certains cas, c’est la volonté des autres.
• L’amour, c’est quand on n’obtient pas tout de suite ce qu’on désire.
• Il y a des mauvais conseils que seule un honnête femme peut donner.
Oscar Wilde (1856-1900) , Les pensées
• Je crois parfois que Dieu, en créant l’homme,
a quelque peu surestimé ses capacités.
• Lorsque les dieux veulent nous punir, ils exaucent nos prières.
• Les missionnaires sont une nourriture dispensée par la Providence aux
cannibales indigents et sous-alimentés.
• L’industrie est la cause de toute laideur.
• Un écho est souvent plus beau que la voix qu’il répète.
• Le mieux que l’on puisse dire de l’art contemporain, c’est qu’il est à
peine moins vulgaire que la réalité.
• Les livres que le monde qualifie d’immoraux sont ceux qui montrent au
monde sa propre honte.
• Sans l’imperfection de la nature, il n’y aurait pas d’art puisque
l’art représente notre protestation vigoureuse, notre effort énergique
pour remettre la nature dans la bonne voie.
• En Amérique, la jeunesse est toujours disposée à faire profiter la
vieillesse de son inexpérience.
• Le canon esthétique de l’homme américain, la grosseur; son idéal de
perfection, la hauteur. Il mesure la grandeur d’un pays au nombre de ses
mètres carrés, et n’a de cesse de raconter aux garçons d’hôtel que
l’État du Texas est plus grand que la France et l’Allemagne réunies.
• Les Américaines se comportent comme si elles étaient belles. C’est le
secret de leur charme.
• L’Angleterre et l’Amérique n’ont plus rien aujourd’hui qui les
distingue l’une de l’autre, sauf, bien entendu, le langage.
• Les Anglais s’intéressent beaucoup plus à la barbarie américaine qu’à
sa civilisation.
• La jeunesse de l’Amérique est sa plus ancienne tradition. Elle dure
maintenant depuis trois siècles.
• Recommander aux pauvres d’être économes est à la fois grotesque et
insultant. Cela revient à conseiller à un homme qui meurt de faim de
manger moins.
• Dans une bonne démocratie, tout homme devrait être un aristocrate.
• L’opinion publique est celle de ceux qui n’ont pas d’idées.
• L’instruction est une chose admirable, mais il est bon de se souvenir
de temps à autre que rien de ce qu’il est bon d’apprendre ne peut
s’enseigner.
• C’est désolant, mais il ne fait aucun doute que les pauvres sont
absolument inconscients de leur caractère pittoresque.
• Les jeunes gens s’imaginent que l’argent est tout. En vieillissant,
ils en sont sûrs.
• Nous vivons une époque où les choses inutiles sont devenues nos seules
nécessités.
• L’expérience est le nom que nous donnons à nos erreurs.
• Il y a un plaisir à s’accuser soi-même : lorsque nous nous blâmons, il
nous semble que personne d’autre n’a le droit de nous blâmer.
• Quand les gens sont de mon avis, il me semble que j’ai tort.
• J’éprouve chaque jour plus de difficulté à me montrer digne de ma
porcelaine bleue.
Pierre Dac (1893-1975), Pensées
•
Ceux qui pensent à tout n’oublient rien et ceux qui ne pensent à rien
font de même puisque ne pensant à rien ils n’ont rien à oublier.
• En psychologie introspective la pédérastie est considérée comme un
phénomène de transposition de l’introspection de conscience sur le plan
postérieur de l’introspecté concerné.
• Un agent double ne doit jamais se donner rendez-vous avec son double
personnage au même endroit sous peine de se retrouver tout seul avec
lui-même dans un lieu différent.
• Un sens interdit ne l’est formellement et réellement que s’il est, non
moins formellement et non moins réellement, unique en sens inverse.
• La bonne moyenne de la croyance s’établit par le total de ceux qui
croyaient et qui ne croient plus et de ceux qui ne croyaient pas et qui
croient.
• Une fausse erreur n’est pas forcément une vérité vraie.
• Rien n’est plus semblable à l’identique que ce qui est pareil à la
même chose.
• Dieu est le seul et unique président-directeur général de la société
universelle dont la responsabilité soit illimitée.
• Si la façon de donner vaut mieux que ce que l’on donne, la façon de ne
pas donner ne vaut rien.
• Ceux qui sont myopes d’un œil, presbytes de l’autre et qui louchent,
par surcroît, n’ont aucune excuse valable de ne pas se rendre compte de
ce qui se passe autour d’eux.
• Ce n’est pas parce qu’en hiver on dit : ``Fermez la porte, il fait
froid dehors``, qu’il fait moins froid dehors quand la porte est fermée.
• Je pense souvent, non sans vertige, à la quantité de bœuf et de
légumes qu’il faudrait pour faire un pot-au-feu avec l’eau du lac Léman.
• Celui qui, dans la vie, est parti de zéro pour n’arriver à rien dans
l’existence n’a de merci à dire à personne.
• Le Droit criminel ne signifie nullement qu’on ait le droit de
commettre un crime.
• S’il faut tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler,
combien de fois ne faut-il pas tourner autour d’un pâté de maisons pour
trouver une place pour ranger sa voiture.
• ``On ne peut pas être et avoir été``, dit un populaire dicton.
Pourquoi? On peut très bien avoir été un imbécile et l’être encore.
• - À vendre, couperet guillotine, rigoureusement stérilisé afin
d’éviter toute infection.
Ambrose Bierce (1842-1913), Mauvaises pensées
•
Est populaire l’auteur qui écrit ce que pensent les gens. Mais le génie
les invite à penser autre chose.
• Aborigènes : Individus de piètre valeur qui encombrent le sol d’un
pays récemment découvert. Ils cessent vite d’encombrer, ils fertilisent.
• Absolu : En philosophie, ce qui existe sans référence à quoi que ce
soit et de façon purement égoïste. La certitude absolue est l’un des
degrés possibles de la probabilité.
• Si le journaliste n’est pas content de son sort, qu’il se lance dans
une profession à laquelle son expérience l’a longuement ajusté, celle de
commissaire-priseur, d’avocat, de prédicateur ou de tout autre menteur.
• Les journaux de cet État, comme la plupart des journaux partout
ailleurs, témoignent d’une flagornerie toujours en éveil, (…) Il n’y a
pas d’ignorance populaire trop profonde et obscure, de vanité ou de
préjugé vulgaires trop déplaisants, de vice régional trop abject qu’ils
ne caressent dans le sens du poil.
Absurdité : Déclaration ou croyance manifestement incompatible avec
notre propre opinion.
• Air : Substance nutritive qu’une généreuse Providence fournit pour
engraisser les indigents.
• Audace : L’une des plus remarquables qualités d’un homme en sécurité.
• C’est une contrée de voyous. C’est une cité de canailles mal élevées.
C’est le paradis de l’imposture. L’ignorance politique, la bêtise
littéraire, la vulgarité sociale connaissent ici leur plus grossier et
plus riche développement.
• Baromètre : Ingénieux instrument qui indique le temps qu’il fait.
• Bonheur : Agréable sensation produite pat l’observation des misères
d’autrui.
• Bruit : Odeur nauséabonde à l’oreille. Musique non domestiquée.
Principal produit et authentique sceau de la civilisation.
• Il est notoire que les revenants ont toujours la manie de s’enfuir;
Heine affirme que c’est parce qu’ils ont peur de nous.
• Le Chien (…) n’a aucun discernement, sa loyauté va à la personne qui
le nourrit, qu’elle soit une crapule ou la mère d’un meurtrier. Il se
bat pour son maître sans égard pour le bien-fondé de la dispute, et par
là même il n’est pas meilleur qu’un patriote ou que le soldat qui touche
une solde.
• Charité : Aimable vertu du cœur qui nous fait pardonner chez les
autres les péchés et les vices qui nous habitent.
• Charlatan : Assassin sans licence.
• Compliment : Prêt qui rapporte des intérêts.
• Le plus grand dieu pour le plus grand nombre : la Mort.
• Ils ont tellement menti qu’ils ne peuvent plus tromper personne, sauf
en disant la vérité. Mais des scrupules de conscience ne les y
autorisent pas.
• Mettez un principe dans l’oreille d’un idiot, il réapparaîtra dans sa
bouche sous la forme d’un préjugé.
• Couvent : Lieu de retraite pour les femmes qui désirent méditer à
loisir sur le vice d’oisiveté.
• Cynique : Fripouille qui, en raison d’une vision défectueuse, voit les
choses telles qu’elles sont, et non telles qu’elles devraient être. D’où
cette coutume chez les Scythes d’arracher les yeux d’un cynique afin
d’améliorer sa vision.
• Déiste : Celui qui croit en Dieu, tout en se réservant le droit
d’honorer le Diable.
• Ah! Si vous sortiez votre cœur de votre tête, mon vieux. Le meilleur
des cœurs fait une piètre tête s’il est logé là.
• Ceux qui aiment tout n’aiment rien, un cœur à l’hospitalité aveugle
devient un repaire de clochards et de voleurs.
• Vous avez vécu et écrit pour rien ou presque, si vous devez toujours
apprendre pourquoi les bons n’amènent pas les méchants à bien se
conduire.
• Discussion : Moyen de confirmer les autres dans leurs erreurs.
• Ecclésiastique : Oiseau de proie.
• Éducation : Ce qui révèle au sage et dissimule à l’idiot leur manque
de compréhension.
• Encens : En matière de religion, un argument qui s’adresse au nez.
•
Clémenceau (1841-1929) :sources diverses
•
On reconnaît un discours de Jaurès parce que tous les verbes sont au
futur.
• L’administration est un lieu où les gens qui arrivent en retard
croisent dans l’escalier ceux qui partent en avance.
• Démocratie : le pouvoir pour les poux de manger les lions.
• Les dictatures sont comme le supplice du pal : elles commencent bien,
mais elles finissent mal.
• Les fonctionnaires sont un peu comme les livres d’une bibliothèque :
ce sont les plus haut placés qui servent le moins.
• La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des
fonctionnaires et il y pousse des impôts.
• On ne ment jamais autant qu’avant les élections, pendant la guerre et
après la chasse.
• La justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est
à la musique.
• L’anglais? Ce n’est jamais que du français mal prononcé.
• La guerre! C’est une chose trop grave pour la confier à des
militaires.
• Le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier.
G. B. Shaw (1856-1950),
sources diverses
• Les Américains sont heureux quand ils peuvent ajouter une maisonnette
à leur garage.
• À notre époque, on se refuse à croire que le plomb puisse être
transformé en or… jusqu’au moment où on reçoit la facture du plombier.
• Aimer une femme, c’est surestimer la différence qui existe entre une
femme et une autre.
• L’adolescence est l’âge où les enfants commencent à répondre eux-mêmes
aux questions qu’ils posent.
• En dehors du jeu et de la cigarette, il est étonnant de constater que
presque tous les plaisirs d’un Anglais peuvent être, et sont
généralement, partagés par son chien.
• - Je ne vois pas bien pourquoi les hommes qui croient aux élections se
considèrent moins crédules que les hommes qui croient aux anges.
Jules Renard (1864-1910), Journal
•
Appelons la femme un bel animal sans fourrure dont la peau est très
recherchée.
• L’odeur d’un coquillage putréfié suffit pour accuser toute la mer.
• Que de mal on se donne avant de prendre son originalité chez soi, tout
simplement.
• Elle a une façon d’être bonne, très méchante.
• Que de gens ont voulu se suicider, et se sont contentés de déchirer
leur photographie.
• Un homme simple, un homme ayant le courage d’avoir une signature
lisible.
• L’horreur des bourgeois est bourgeoise.
• Il a toujours le petit mot pour faire rire de lui.
• On place ses éloges comme on place de l’argent, pour qu’ils nous
soient rendus avec les intérêts.
• C’est étonnant comme, entre littérateurs, on peut s’aimer tout en se
débinant!
• Barrès a rencontré la meilleure manière d’être neuf : c’est de
compliquer l’expression des choses anciennes.
• Il était si laid que, lorsqu’il faisait des grimaces, il l’était
moins.
• Il est bien malheureux que notre goût avance quand notre talent ne
bouge pas.
• Certains gens voient comme si leurs yeux étaient au bout d’une perche,
très loin de leur cerveau.
• Qu’est-ce qui nous sauvera? La foi? Je ne veux pas avoir la foi, et je
ne tiens pas à être sauvé.
• Ne jamais rien faire comme les autres en art; en morale, faire comme
tout le monde.
La clarté est la politesse de l’homme de lettres.
• Il ne coupait pas son blé, de peur d’abîmer les marguerites.
• La conversation est un jeu de sécateur, où chacun taille la voix du
voisin aussitôt qu’elle pousse.
Tristan Bernard (1866-1947), Dictionnaire humoristique de A à Z
•
Académicien
-Académicien? Non. Le costume coûte trop cher. J’attendrai qu’il en
meure un à ma taille.
• Avarice
-Faire le mal, c’est en vouloir à mon bien.
• Bêtise
-Être bête offre cet avantage, et aussi ce danger, que soi-même on ne
s’en aperçoit pas.
• Bourse
-Une fois les actions placées, il devient inutile de fabriquer le
produit. Les actionnaires n’ont d’ailleurs pas intérêt à voir lancer un
article dont la mévente peut faire baisser trop rapidement le prix de
leurs actions.
• Cavalerie
-J’appartiens à l’arme de la cavalerie, la plus considérée de toutes les
armes, parce qu’elle est la plus redoutable, principalement en temps de
paix.
• Concorde
-Il n’y a qu’une façon, au fond, de s’accorder, c’est de penser
librement.
• Contradictoire
-Au physique, elle n’est plus jeune, mais elle est jeune encore. Elle
n’a pas une bonne santé, mais elle n’est jamais malade.
• Découverte
-Il s’est trouvé un médecin pour soutenir qu’à fréquenter simplement,
mais avec assiduité, dans un milieu d’exercices physiques, on se
fortifie les muscles dans une certaine mesure.
• Démagogie
-Une société n’a que les menteurs qu’elle mérite et elle n’a rien à dire
contre eux, puisque c’est elle-même qui les crée pour ses besoins
paresseux de confiance, d’espérance et d’illusion.
• Diable
-C’est Dieu qui a créé le monde, mais c’est le Diable qui le fait vivre.
• Doigté
-Ce qu’il y a de terrible dans le doigté, c’est que non seulement il
doit être invisible, mais que celui-là qui en est doué ne doit pas trop
s’en apercevoir.
• Doute
-Mon emmerdeuse d’âme est peut-être immortelle…
• Économie
-Désormais, je remplacerai mon domestique et je dirai moi-même : ``Je
suis servi``.
• Écrivain
-Un écrivain ne doit pas chercher à être incohérent et anormal. Souvent
il l’est déjà suffisamment sans s’en douter.
• Éducation
-Dans bien des familles, l’éducation des enfants est, elle aussi,
responsable de tous ces menteurs dont la terre est peuplée.
• Éternité
-On trouve le temps long sous la terre.
• Expérience
-L’expérience, c’est de se dire : ``Mon Dieu, que j’ai été…bête``.
• Exportation
-On ne saurait trop louer l’ingénieuse idée qu’ont eue les usines
européennes de susciter ainsi des guerres exotiques pour vérifier la
valeur de leurs produits.
• Feindre
-La question n’est pas de travailler, c’est de faire croire aux autres
qu’on travaille.
• Fête
-On tuait le veau gras, et l’on faisait la noce.
Et la vache disait : ``Ça va bien! Ça va bien!
Ces gens qui retrouvent leur gosse
Commencent par tuer le mien``.
• Flirt
-J’aime mieux le flirt muet que le cent pour cent parlant.
• Frustre
-L’être frustre qui est en nous échappe parfois à notre contrôle.
• Genre humain
-Le genre humain, qui devrait avoir mille ans de sagesse, retombe en
enfance à chaque nouvelle génération.
• Habitude
-Au théâtre, les gens veulent sans doute être surpris, mais avec ce
qu’ils attendent.
• Intox
-DERNIÈRE- Copenhague, 8 avril- (Dépêche de notre correspondant
particulier) –On dément le bruit d’après lequel le Kaiser aurait demandé
à être rappelé du front comme père de plus de six enfants.
• Opinion
-Je veux bien changer d’opinion. Mais avec qui?
• Réalisme
-Ne compter que sur moi... et encore pas beaucoup.
• Vanité
-Pour parer aux dangers de l’orgueil, on atrophie les énergies possibles
avec ce régime débilitant da la modestie. La vanité, c’est la vitalité.
• Vol
-C’est en effet la grande exception que les gens dénués de ressources ou
de ressources modestes arrivent à s’enrichir par le vol. Les personnes
qui disposent de forts capitaux sont bien mieux placées pour doubler ou
tripler par ce moyen leur fortune.
• Vin
-On célèbre officiellement la gloire du vin. Évidemment ça ne va pas
jusqu’à glorifier les ivrognes.
Victor Hugo
(1802-1885), diverses sources
•
- L’amour des Anglais pour la liberté se complique d’une certaine
acceptation de la servitude d’autrui.
• - L’athéisme dresse contre Dieu un procès-verbal de carence.
• - Il y a des gens qui ont une bibliothèque comme les eunuques ont un
harem.
• - L’homme a reçu de la nature une clef avec laquelle il remonte la
femme toutes les vingt-quatre heures.
• - Enfer chrétien, du feu. Enfer païen, du feu. Enfer mahométan, du
feu. Enfer hindou, des flammes. À en croire les religions, Dieu est né
rôtisseur.
• - Il y a des gens qui observent les règles de l’honneur, comme on
observe les étoiles, de très loin.
• - La religion n’est autre chose que l’ombre portée de l’univers sur
l’intelligence humaine.
• - L’Angleterre qui reproche à la Russie sa Pologne, ne voit pas
l’Irlande qu’elle a dans l’oeil.
Woody Allen (1935- ),
diverses sources
•
- Né en Pologne, j’aurais fait un bel abat-jour.
• - J’étais tellement amoureux que, dans le taxi, j’oubliais de regarder
le compteur.
• - Pour vous, je suis un athée. Pour Dieu, je suis un opposant loyal.
• - Je ne crois pas en l’au-delà, mais j’emporte toujours un caleçon de
rechange.
• - Mon père tient de ma tante May. Elle rejetait la Bible parce que le
personnage central était invraisemblable.
• - Mon seul regret dans la vie est de ne pas être quelqu’un d’autre.
• - Non seulement Dieu n’existe pas, mais essayez d’avoir un plombier
pendant le week-end!
• - Quant à Dieu...Si seulement il voulait m’adresser un signe de son
existence...S’il me déposait un bon paquet de fric dans une banque
suisse, par exemple.
• - Je vais vous raconter une histoire terrible sur la contraception
orale. J’ai demandé à cette fille de coucher avec moi, et elle m’a dit
non.
• - Si je fais bien l’amour, c’est que je me suis longtemps entraîné
tout seul.
• - De quelle longueur pensez-vous que doive être la jambe d’un homme?
Assez longue pour toucher le sol.
• - Je tiens beaucoup à ma montre, c’est mon grand-père qui me l’a
vendue sur son lit de mort.
Alphonse Allais
(1855-1905), sources diverses
•- Il faut prendre l’argent là où il est: chez les pauvres.
• - Ah! L’éternel féminin!- comme disait ce monsieur dont la belle-mère
n’en finissait pas de claquer...
• - Dans la vie, il ne faut compter que sur soi-même, et encore, pas
beaucoup.
• - Les familles, l’été venu, se dirigent vers la mer en y emmenant
leurs enfants dans l’espoir, souvent déçu, de noyer les plus laids.
• - Tout ce qui est public devrait être gratuit. L’école, les transports
et les filles.
• - Les jambes permettent aux hommes de marcher et aux femmes de faire
leur chemin.
• - Il était Normand par sa mère et Breton par un ami de son père.
• - Il y a des moments où l’absence d’ogre se fait cruellement sentir.
• - Non, la stérilité n’est pas héréditaire.
• - Ventre affamé n’a pas d’oreilles, mais il a un sacré nez.
• - Entendu de mes propres yeux: «C’est étonnant comme les frères
Lyonnet se ressemblent! - Oui, surtout Anatole!»
• - Le café est un breuvage qui fait dormir quand on n’en prend pas.
• - Faire la charité, c’est bien, la faire faire par d’autres, c’est
mieux.
• - J’ai souvent remarqué, pour ma part, que les cocus épousaient de
préférence des femmes adultères.
• - Il vaut mieux être cocu que veuf: il y a moins de formalités.
• - Le comble de la ressemblance? Pouvoir se faire la barbe devant son
portrait.
• - Tout est dans tout et vice versa.
• - C’est la première fois que j’écris SUISSESSES et je suis épouvanté
par la quantité d’«S» absorbée par ce simple mot ( six «S» pour dix
lettres).
• - La statistique a démontré que la mortalité dans l’armée augmente
sensiblement en temps de guerre.
• - À Madame la marquise de B, à Compiègne: «Non, mille fois non! Si
vous sortez dans la rue en scaphandre, ne prenez pas de parapluie, vous
vous feriez remarquer.»
• - On étouffe ici! Permettez que j’ouvre une parenthèse.
• - Je lui décochai un violent coup de poing qu’il para fort habilement
avec son oeil gauche.
• - Il est toujours avantageux de porter un titre nobiliaire. Être «de
quelque chose», ça pose un homme, comme être «de garenne», ça pose un
lapin.
• - L’homme est plein d’imperfections. Ce n’est pas étonnant si l’on
pense à l’époque où il a été fait.
• - Un gentleman est un monsieur qui se sert d’une pince à sucre, même
quand il est seul.
• - En été, il y fait rudement chaud pour une si petite ville.
• - Avant de prendre congé de ses hôtes, Dieu convint, de la meilleure
grâce du monde, qu’il n’existait pas.
- Impossible de vous dire mon âge, il change tout le temps.
• - Le métier d’officier consiste surtout à punir ceux qui sont
au-dessous de soi et à être puni par ceux qui sont au-dessus.
• - Propos rapportés par Jules Renard: Allais s’assied à une terrasse de
café par une journée de tempête et dit: « Garçon, un quiquinna et moins
de vent!»
• - On n’insistera jamais assez sur les inconvénients que présente
l’abus du cyanure de potassium dans l’alimentation des nouveau-nés.
• - Les villes devraient être construites à la campagne, l’air y est
tellement plus pur.
• - Les aquarelles faites à l’eau de mer se gondolent à l’époque des
grandes marées.
• - J’ai fondé la Société protectrice des végétaux. Nous sommes en train
de poser des matelas sous les arbres pour amortir la chute des feuilles.
Cioran (1911-1995), divers ouvrages
•
- Ce que tout homme attaché à son pays souhaite au fond de son coeur, la
suppression de la moitié de ses compatriotes.
• - Les saints vivent dans les flammes, les sages à côté d’elles.
• - En permettant l’homme, la nature a commis beaucoup plus qu’une
erreur de calcul: un attentat contre elle-même.
• - S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu.
• - Des arbres massacrés. Des maisons surgissent. Des gueules, des
gueules, des gueules partout. L’homme s’étend. L’homme est le cancer de
la terre.
• - On voudrait parfois être cannibale, moins pour le plaisir de dévorer
tel ou tel que pour celui de le vomir.
• - N’a de conviction que celui qui n’a rien approfondi.
• - De toute éternité, Dieu a tout choisi pour nous, même nos cravates.
• - S’il tient à préserver une quelconque dignité spirituelle, l’homme
doit négliger son statut de contemporain.
• - Serf, ce peuple bâtissait des cathédrales; émancipé, il ne construit
que des horreurs.
• - Le catholicisme n’a créé l’Espagne que pour mieux l’étouffer. C’est
un pays où l’on voyage pour admirer l’Église et pour deviner le plaisir
qu’il peut y avoir à assassiner un curé.
• - La religion est une fatigante solution de paresse.
• - J’ai connu toutes les formes de déchéance, y compris le succès.
• - La tolérance est une coquetterie d’agonisant.
• - La vieillesse, en définitive, n’est que la punition d’avoir vécu.
• - En vieillissant, on apprend à troquer ses terreurs contre des
ricanements.
• - Au zoo, tous les animaux se tiennent convenablement, à l’exception
du singe. On sent que l’homme n’est pas loin.
• - Il n’est pas d’art vrai sans une forte dose de banalité. Celui qui
use de l’insolite d’une manière constante lasse vite, rien n’étant plus
insupportable que l’uniformité de l’exceptionnel.
• - À mesure que l’art s’enfonce dans l’impasse, les artistes se
multiplient. Cette anomalie cesse d’en être une, si l’on songe que
l’art, en voie d’épuisement, est devenu à la fois impossible et facile.
• - Tout ce qui est encore vivant dans le folklore vient d’avant le
christianisme.– Il en est de même de tout ce qui est vivant en chacun de
nous.
• - Le fanatisme est la mort de la conversation.On ne bavarde pas avec
un candidat au martyre.
• - L’idée de progrès déshonore l’intellect.
• - Celui qui ne consent pas à son néant est un malade mental.
Groucho Marx (1890-1977), diverses sources
•- Les gens ne mangeraient pas de caviar s’il était bon marché.
• - On juge un homme aux factures qu’il reçoit.
• - Je désire être incinéré. Un dixième de mes cendres sera donné,
conformément à notre contrat, à mon imprésario.
• - Une alliance ne protège qu’un seul doigt.
• - Comment faites-vous pour éviter le chute des cheveux? - Je fais un
pas de côté.
• - Ou cet homme est mort, ou ma montre est arrêtée.
• - Si je pouvais recommencer ma vie, je ferais les mêmes erreurs, mais
je les ferais plus tôt.
• - Groucho Marx, assis dans le métro, s’adresse à un dame qui se tient
debout:«Je vous cèderais volontiers ma place, mais elle est occupée».
• - Tels sont mes principes. Si vous ne les aimez pas, j’en ai d’autres.
• - La nuit dernière, j’ai eu un rêve magnifique, ne le manquez pas.
• - J’ai passé une excellente soirée...mais ça n’était pas celle-ci.
• - Je trouve que la télévision est très favorable à la culture. Chaque
fois que quelqu’un l’allume chez moi, je vais dans la pièce à côté et je
lis.
• - Je mange à la façon d’un vautour. Malheureusement la ressemblance ne
s’arrête pas là.
• - Acheter un costume neuf, c’est déjà voyager à l’étranger.
• - Une dame disait:«J’aime la nature». - «Vous avez du courage, après
ce qu’elle vous a fait»
• - Je n’oublie jamais un visage mais je ferai une exception dans votre
cas.
• - Je ne voudrais pas adhérer à un club qui m’accepte comme membre.
• - La prochaine fois qu’on se verra, rappelez-moi de ne pas vous
parler.
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